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«Une blessure terrible» : Agnès Buzyn affirme dans son livre «regretter» d’avoir quitté le ministère de la Santé

L’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn. JOEL SAGET / AFP

L’ancienne ministre de la Santé publie ce mercredi son «journal» qui raconte les six premiers mois de la crise du Covid-19 en 2020.

«Agnès tu as fait peur au président …» Trois ans et demi après le début de la pandémie de Covid-19 en France, Agnès Buzyn publie ce mercredi 27 septembre, le journal de bord qu’elle tenait à l’époque alors qu’elle était encore ministre de la Santé. Intitulé Journal, Janvier-juin 2020 (Éditions Flammarion), l’ouvrage de près de 500 pages, dont le sous-titre «Agnès tu as fait peur au président» donne la couleur, comporte des copies de ses échanges avec Emmanuel Macron et Edouard Philippe.

Ministre de la Santé de mai 2017 jusqu’à sa démission en pleine pandémie de Covid-19 le 16 février 2020, Agnès Buzyn a été mise en examen en septembre 2021 par la Cour de justice de la République pour sa gestion de la crise. La Cour de cassation a toutefois annulé cette décision en janvier dernier. Si la désormais conseillère maître à la Cour des comptes livre longuement dans son ouvrage sa version de l’épidémie de Covid-19, elle assure toutefois, dans une interview à Ouest-France , qu’il ne s’agit pas de sa défense en prévision de ses échéances judiciaires (elle est toujours placée sous le statut de témoin assisté, Ndlr). «C’est à la Cour de justice de la République que je me défends avec mes avocats, affirme-t-elle. (…)Là, je rends compte de certains épisodes qui n’ont pas été vus, sus, compris, et surtout je donne mon analyse au fur et à mesure de cette crise.»

«Mode combat»

Agnès Buzyn maintient, en outre, auprès de nos confrères que le président de la République et l’ancien premier ministre, Edouard Philippe, «savent parfaitement que ce livre sort»: «Je les ai informés que j’y publierai nos échanges. Pourquoi ? Parce que ces éléments ont été saisis par la justice et ne sont plus privés. Il y a déjà eu des fuites dans les journaux, il y en aura sans doute d’autres. Donc je préfère les diffuser dans un récit cohérent et chronologique plutôt que de les voir apparaître par petits morceaux, hors contexte et de façon instrumentalisée». L’ancienne ministre martèle une nouvelle fois que «son travail de médecin hématologue» lui a permis «d’anticiper» l’ampleur de la pandémie, sans toutefois réussir à «convaincre».

Pour expliquer le sous-titre de son livre, elle raconte ainsi à Ouest-France un échange avec le président Emmanuel Macron dans un cinéma: «Nous sommes le 8 février. Ça dure 40 minutes. C’est un moment très angoissant parce que je suis la seule à voir le scénario à venir. Je lui parle de mettre le pays sous cloche. C’est normal que le Président ait été très choqué. Le mercredi suivant, avant le conseil des ministres, le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, me dit cette phrase. Je ne voulais pas faire peur au Président mais lui faire prendre conscience qu’il fallait se mettre en mode combat».

«Angoisse folle»

Après sa démission de son poste de ministre de la Santé, alors qu’elle est candidate de la majorité présidentielle à la mairie de Paris, elle confie avoir continué à envoyer des messages à Emmanuel Macron et Edouard Philippe. En vain. «Je sens bien que ma parole n’est pas entendue, que je les agace probablement, parce que le Président ne répond jamais à mes textos sur la crise. Sur la campagne en revanche, il me répond. Pour eux, je suis devenue une candidate en campagne. Mais, moi, je reste médecin. Je vis dans une angoisse folle et il me faut continuer à les alerter», dénonce-t-elle.

Agnès Buzyn dit même «regretter d’avoir quitté le ministère», parlant d’une «blessure terrible» et évoquant des «pressions fortes» de la part de «beaucoup de personnes» qui avaient «intérêt» à la voir «sortir du gouvernement». L’ancienne ministre certifie toujours recevoir «des menaces de mort» et vivre sous protection policière. Interrogée sur une éventuelle participation à la campagne des élections européennes en 2024, elle n’exclut rien: «J’irai là où je suis utile. Je ne mettrai jamais mes convictions dans ma poche. J’ai une parole totalement libre».


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