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Des vitraux de Notre-Dame se retrouvent vendus aux enchères, une plainte pour vol déposée

L’association « Lumière sur le patrimoine » a déposé plainte, mardi 12 septembre, pour « vol et recel de vol », après avoir constaté la vente aux enchères de deux vitraux de Notre-Dame de Paris par la maison Sotheby’s en 2015. Le parquet de Paris confirme le dépôt de plainte et précise avoir saisi ce mercredi la Brigade de répression du banditisme, qui va d’abord « procéder à des vérifications », indique une source policière.

Les deux vitraux visés, des médaillons d’une quarantaine de centimètres de diamètre, datés du XIIIe siècle, représentent un ange céroféraire (portant un cierge) et un ange thuriféraire (portant un encensoir). Ils faisaient partie, selon le site de la maison d’enchères, de la rosace monumentale du transept nord de la cathédrale.

Démontés lors d’une rénovation en 1862

Capture d’écran du catalogue de la vente aux enchères de 2015. | CAPTURE D’ÉCRAN

Capture d’écran du catalogue de la vente aux enchères de 2015. | CAPTURE D’ÉCRAN

Pour l’association « Lumière sur le patrimoine » contactée par le Figaro, ces vitraux ont été volés et remplacés en 1862 lors d’une grande rénovation de la cathédrale dirigée par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc. Avant de refaire surface lors d’une vente aux enchères en 2015, dont elle n’aurait eu connaissance que récemment. Estimés entre 40 000 € et 60 000 €, les deux médaillons avaient été alors vendus 111 000 € et 123 000 €.

De son côté, la maison Sotheby’s, qui « n’a pas été contactée par l’association en amont de cette plainte », déclare « se tenir à la disposition des autorités pour les assister dans leur enquête ». Elle se défend de toute irrégularité : « Avant de mettre ces biens en vente en 2015, des recherches poussées ont été effectuées et une note détaillée a été publiée dans le catalogue de la vente, répond-elle. Nous avons aussi obtenu toutes les autorisations nécessaires de la part des autorités compétentes, y compris les autorisations d’exportations. Experts et conservateurs de musées ont enfin été avertis. »

Selon elle, les vitraux ont « été démontés par Viollet le Duc en 1862, puis vendus par le maître verrier Édouard Didron entre 1877 et 1905. » Ils ne proviendraient donc pas d’un vol. « Des pièces similaires, avec la même provenance, font, aujourd’hui, partie de la collection du Musée d’Art et d’Histoire de Genève », précise encore la maison de ventes.

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