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Val-d’Oise: les trois hommes jugés pour avoir lynché deux policiers condamnés à 25 ans de prison

Lors du procès, les accusés avaient reconnu leur présence sur les lieux le jours des faits. Deux d’entre eux avaient reconnu avoir porté des coups mais niaient avoir tiré.

Trois hommes ont été condamnés ce vendredi 1er octobre à 25 ans de prison par la cour d’assises du Val-d’Oise pour avoir lynché et blessé de plusieurs balles deux policiers en octobre 2020 à Herblay, rapporte l’AFP.

À l’énoncé de la décision, Stanley C., 32 ans, Bakary D., 33 ans, et Lyess S., 31 ans, n’ont pas dit mot alors que leurs proches pleuraient en silence dans une salle d’audience remplie des policiers, venus soutenir leurs collègues.

“C’était une décision qui était attendue par mes clients et par toute la police”, a réagi Me Pierre Salem-Cormier, avocat d’une des victimes.

Les peines sont légèrement inférieures aux réquisitions de l’avocate générale qui avait demandé 30 ans de réclusion criminelle assortis des deux tiers de sûreté à l’encontre des accusés qui “se sont sentis autorisés à massacrer des policiers”.

Dix balles tirées

Le soir du 7 octobre 2020, deux fonctionnaires de la police judiciaire de Cergy se rendent dans une zone industrielle d’Herblay où se trouve l’entrepôt d’un gérant, agressé le matin-même par des hommes lourdement armés.

Les policiers y vont en civil, en voiture banalisée, ce qui amène les trois hommes à douter de leur identité, disant les prendre pour des membres de la communauté des gens du voyage se faisant passer pour des policiers malgré les preuves exhibées par les fonctionnaires (carte professionnelle, arme).

Le ton monte, une violente bagarre éclate. Les agresseurs s’emparent d’une arme d’un policier. Dix balles sont tirées, deux dans les jambes d’un policier, quatre dans le corps de son collègue.

Les faits avaient suscité un fort émoi chez les forces de l’ordre.

Les témoignages des policiers, venus raconter à la barre leurs lourdes séquelles physiques et psychologiques et la fin de leur carrière sur le terrain, ont été un moment fort du procès.

Seul des deux policiers à avoir des souvenirs de la scène, le major a rapporté les propos de Lyess S. disant “prenez leurs armes et butez-les ces sales flics”, une phrase que l’intéressé a toujours nié avoir prononcé.

Poursuivi pour complicité de meurtre, ce dernier a donc été condamné à la même peine que ses co-accusés: tout au long de l’enquête comme des deux semaines de procès, aucun n’a voulu dire qui était l’auteur des tirs.

Saïd Harir, l’avocat de Lyess S., a indiqué qu’il allait faire appel de cette décision. “Toute l’instruction a démontré qu’il n’avait pas participé aux violences et aux tirs”, a-t-il signalé, rappelant que son client s’était rendu le surlendemain des faits, contrairement aux deux autres qui ont passé cinq moins en cavale.

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