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Vidéo. Intempéries : « Le sol ne parvient plus à absorber toute la pluie qui tombe », la Gironde a les pieds dans l’eau

La Gironde est en vigilance orange pour les crues et inondations. Et ça se voit. Ce lundi 11 décembre, 50 axes routiers du département sont concernés par des fermetures. Vingt dans le Médoc, 25 en Haute Gironde et cinq dans le Libournais. Et, alors que l’hiver est loin d’être terminé, des centres-bourgs doivent faire face à des inondations.

« De mémoire de chasseur, je n’avais jamais vu autant d’eau dans la forêt depuis au moins trente ans ! Le sol ne parvient plus à absorber toute la pluie qui tombe. Les nappes saturent. C’est impressionnant. » Lundi matin…

La Gironde est en vigilance orange pour les crues et inondations. Et ça se voit. Ce lundi 11 décembre, 50 axes routiers du département sont concernés par des fermetures. Vingt dans le Médoc, 25 en Haute Gironde et cinq dans le Libournais. Et, alors que l’hiver est loin d’être terminé, des centres-bourgs doivent faire face à des inondations.

« De mémoire de chasseur, je n’avais jamais vu autant d’eau dans la forêt depuis au moins trente ans ! Le sol ne parvient plus à absorber toute la pluie qui tombe. Les nappes saturent. C’est impressionnant. » Lundi matin, Claude Lavigne, un habitant de Lacanau, ancien pompier volontaire et postier, ne pouvait que constater les dégâts. Dans sa propriété, l’eau est passée dans le jardin et s’est infiltrée dans le garage. Le congélateur n’a pas résisté. Ses voisins ont eu bien plus de dégâts. Johan Rambaud habite avec sa compagne impasse du Basta, à l’entrée de Lacanau-ville.

La forêt déborde et ne parvient plus à absorber toute l’eau de pluie.


La forêt déborde et ne parvient plus à absorber toute l’eau de pluie.

J. L.

Il raconte que tout s’est passé très vite. « Vers 8 h 15, le niveau était encore assez bas. En l’espace de quinze minutes, tout s’est accéléré. On a eu comme une vague qui est arrivée dans la maison. On a installé une pompe mais elle se révèle inefficace. L’eau arrive de partout. Le débit est trop important ! »

Contacté par « Sud Ouest », Laurent Peyrondet, le maire de Lacanau, explique qu’une bonne partie de la pluie qui est tombée s’est accumulée dans le secteur de la déviation du bourg, sur la RD 6. Elle a débordé à cet endroit pour venir ensuite se glisser dans une partie du village. « Il a fallu ouvrir le gymnase pour que des personnes puissent aller à la douche et aux sanitaires. Dans certains quartiers, le réseau d’assainissement sature. Dès mardi matin, nous allons engager des travaux pour tenter de dévier toute cette eau et qu’elle ne pénètre plus dans le bourg. »

« On a vidé trois fois le lac »

Dans certains quartiers de Lacanau, le niveau d’eau ne cesse de monter.


Dans certains quartiers de Lacanau, le niveau d’eau ne cesse de monter.

J. L.

Du côté du Syndicat intercommunal d’aménagement des eaux du Bassin-versant et étangs du littoral girondin (SIAEBVELG), Frank Quenault, ingénieur, y va de son explication. « Nous faisons face à une crue très forte. Entre le 18 octobre et le 10 novembre, il est tombé environ 450 millimètres de pluie. C’est l’équivalent de six mois de pluie qui vous arrivent dessus en un mois. Depuis début décembre, on vient de reprendre 122 millimètres. Entre dimanche soir et lundi, la pluviométrie a été de 49 millimètres ! Aujourd’hui, il pleut plus que ce que le sol peut arriver à boire. Du coup, ça ruisselle de partout. Le débit va au-delà de la capacité des buses et des ponts ! »

L’ingénieur donne une autre image parlante : « Depuis le mois d’octobre, on a envoyé vers le bassin d’Arcachon 150 millions de mètres cubes d’eau par le canal qui part de la pointe sud du lac de Lacanau. C’est comme si on avait vidé trois fois le lac canaulais ! » Selon les prévisions météorologiques, les débits des cours d’eau devraient être au plus fort ce mardi dans la journée. Ensuite, cela devrait progressivement baisser. Mais l’hiver débute à peine avec des nappes déjà à saturation. Ce lundi 11 décembre, dans le Médoc, les communes voisines de Sainte-Hélène, Carcans, Castelnau et Avensan connaissaient de similaires difficultés.

Dans le Sud-Médoc, de nombreuses routes sont inondées.


Dans le Sud-Médoc, de nombreuses routes sont inondées.

J. L.

Les fossés débordent

Même topo ailleurs dans le département. « Ça monte mais pour l’instant, nous ne déplorons aucune situation problématique. On demande juste aux gens d’être vigilants », relativise la mairie de Coutras. Certains accès, comme celui de la promenade Charles-de-Gaulle, ont néanmoins été barrés préventivement.

Un peu partout, les fossés débordaient déjà lundi tandis que la pluie ne cessait de tomber.


Un peu partout, les fossés débordaient déjà lundi tandis que la pluie ne cessait de tomber.

Ville de Saint-Denis-de-Pile

Dans le Libournais, habitué aux débordements, la situation est identique tout au long de l’Isle et de la Dronne. De Saint-Denis-de-Pile à Porchères, en passant par Guîtres, les sols sont saturés et les fossés noyés. « Comme lors du dernier gros épisode pluvieux, l’Isle est très haute à Porchères mais nous n’avons aucune construction en zone inondable. En revanche, en quinze ans, c’est la première fois que je vois les fossés déborder », indique David Redon, le maire de cette bourgade située à la frontière avec la Dordogne.

Rodées à ce genre d’épisode de crue, les communes communiquent spontanément via leurs sites Internet et réseaux sociaux. À l’image de Guîtres qui, dès lundi en début d’après-midi, publiait un post pour proposer l’aide de la Ville pour surélever des meubles si besoin ou pour ravitailler certains habitants en cas d’impossibilité d’accéder aux axes de circulation. Du côté des routes, c’est surtout ce mardi matin, avant la tournée des transports scolaires, qu’un point général des axes impraticables sera fait par la Communauté d’agglomération du Libournais (Cali).

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