Business

ZFE à Toulouse : la mesure qui devait entrer en vigueur pour les voitures Crit’Air 3 en 2024 est repoussée

l’essentiel
Les voitures Crit’Air 3 pourront toujours circuler en 2024 dans la ZFE toulousaine. Les élus de Toulouse Métropole ont voté ce jeudi 12 octobre la suspension de cette interdiction qui concerne au moins 47 000 véhicules.

Pause pour la ZFE toulousaine. Et l’avenir du niveau de pollution atmosphérique dans l’agglo dira s’il s’agit d’un stop définitif ou d’un arrêt momentané. En attendant, les automobilistes propriétaires d’une voiture essence d’avant 2006 ou un diesel d’avant 2011, soit la vignette Cri’Air 3, pourront toujours circuler l’an prochain alors qu’ils auraient dû changer de véhicule. Ce jeudi, lors de l’assemblée de la Métropole, les élus ont acté cette décision qui avait été annoncée cet été, le 10 juillet, par le ministre de la Transition écologique après un rapport remis par Jean-Luc Moudenc et l’élue écologiste de Strasbourg Anne-Marie Jean.

Depuis mars 2022, à l’image d’autres grandes villes de l’Hexagone et d’Europe, Toulouse Métropole a instauré sur le périmètre de la ville et jusqu’à la rocade Arc-en-ciel à l’ouest, une Zone à faibles émissions pour lutter contre la pollution de l’air responsable, en France, de 40 000 décès par an.

Toulouse sous les seuils

La première étape a vu l’interdiction des poids lourds et véhicules utilitaires Crit’Air 5 et non classés. En septembre 2022, l’interdiction a été étendue pour ces véhicules aux Crit’Air 4. Depuis le 1er janvier 2023, les véhicules des particuliers Crit’Air 4, 5 et non classés sont concernés. Au fur et à mesure que le couperet approchait pour les Crit’Air 3, la contestation est montée dans le monde économique et chez les Toulousains.

Selon les projections 2022 de la Métropole, 47 000 véhicules auraient dû partir à la casse en 2023. Jusqu’à 86 000 si on se base sur les cartes grises.

Le ministère a finalement considéré que Toulouse, en dessous des seuils de pollution aux dioxydes d’azote depuis 2020, n’avait plus l’obligation d’appliquer l’interdiction de 2024 qui est donc suspendue. Sauf si la pollution augmente. Les précédentes interdictions sont maintenues.
Pour le groupe Insoumis-citoyens, Caroline Honvault a dénoncé « un manque d’anticipation » dans l’application de la ZFE et « un tour de passe-passe sans justification scientifique » pour la suspension. L’élue a insisté sur le développement des bus, du vélo, du RER… Et a demandé la suspension des projets routiers. Son groupe a choisi l’abstention après quelques discussions car les députés LFI avaient appelé à la suspension de la ZFE.

Pour les écologistes, Thomas Karmann a rappelé que les seuils réglementaires allaient être baissés. Son groupe avait demandé un an de suspension, le temps que soient mises en place des mesures comme « un accompagnement des habitants ». Ces élus se sont aussi abstenus.

Tous les autres groupes ont voté pour la suspension. Le PS a demandé « des aides renforcées ». Pour la majorité, François Chollet a assuré que les nouvelles normes n’allaient pas s’appliquer « du jour au lendemain » et que cette suspension permettait de « pérenniser » la ZFE.

Satisfaction au Medef

Sans attendre le vote de ce jeudi, le Medef, qui avait demandé un assouplissement des règles de la ZFE, a réagi mercredi à la suspension de l’interdiction des Crit’Air 3 en 2024. L’organisation patronale affiche sa « satisfaction » et évoque une « victoire pour le monde économique » car « cette mesure aurait pu avoir des répercussions importantes sur les entreprises locales et l’emploi ». Dans ce combat, le Medef n’était pas seul : la CCI, la CPME, Mobilians… étaient aussi mobilisés. « Les entreprises restent engagées dans leurs efforts pour décarboner leurs activités », tient à faire savoir par ailleurs le Medef. D’autres acteurs ont aussi réagi comme le « collectif 31 suspension ZFE » qui, tel l’Interclub 31, regroupe des automobilistes. Bernard Marquié, un de ses animateurs, demande à présent « une politique des transports qui permette de se passer de la voiture ».

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button